Les paires échouées.

Une mer sans vague, parait calme, sereine et paisible. Une paire sans son double, devient tout de suite moins crédible. Voilà, père et mère, quel joli portrait de famille. Ose me dire que ce n’était pas ton but, que tu n’as pas fait exprès, que toutes ces années d’oubli n’était en fait, qu’une dépression intense, ou qu’une schizophrénie passive, à cause de laquelle tu prenais les siens pour les tiens ? Non, tu n’oserais pas.

Le pire dans tout ça, c’est que tu me bloques dans tout. Tu me fais faire n’importe quoi, sans t’en rendre compte. D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, moi non plus, je ne m’en rendais pas compte.

J’ai l’habitude de tout planifier, de me jouer la scène avant même que le scénario soit écrit, pour que rien ne loupe, que rien ne déçoive, que rien ne fasse mal. Mais tu sais, quand le générique du film est lancé, et que impuissante spectatrice du drame je me rends compte que la comédie a tourné à la tragédie, je ne peux rien faire d’autre que haïr le producteur.

Je ne sais pas si tu comprends, que toi, « mon producteur », a fait de mon existence un flop total, quelque chose de tellement ridicule qu’un jeune étudiant arrogant et parisien placera dans la catégorie de la « nouvelle vague ».

Sauf que rappelle toi, nouvelle vague ou pas, si la mer ou mère n’en a pas, rien ne sert de faire vivre l’océan.

C’est assez drôle de ne pas pouvoir te casser la gueule, de ne pas pouvoir te faire ressentir physiquement ce que, moi, je ressens à chaque instant mentalement. C’est dingue le pouvoir que tu as, arriver à me faire gueuler sans dire un mot.

Est-ce qu’on placerait ça dans la catégorie fantastique ? Ou plutôt absurde ?

Si tu savais au contraire, combien de gens te remplace, tu en serais vite écoeuré.

Oui, ce n’est pas toi qui m’accompagne à des soirées et qui me dit de faire attention à moi. Ce n’est pas toi non plus qui m’envoie un message à l’heure pile où mon réveil sonne pour me souhaiter bonne chance pour le bac. Ce n’est pas toi qui me demandes de ne pas stresser, ce n’est pas toi non plus qui me dit « t’inquiète plus ».

Comment tu le vis d’être un vulgaire figurant ? Comment tu le vis de t’être fait piquer la place du premier rôle ?

Bon, bien sûr, ce film est un long métrage à petit budget, mais je me fous, parce qu’au moins, il m’apporte tout ce dont j’ai besoin.

Combien de soirées et de nuits ai-je passé à pleurer, ou à boire à en perdre l’équilibre ? Combien de chansons m’ont rappelé le fait que le tu m’ait oubliée ? Combien de personnes par une simple parole ont réussis à me rassurer, alors que toi, tapis dans ta maison d’hypocrisie, tu restais là, sans bouger ? Combien de gens répondent à mes messages en moins d’une minute, alors que bientôt trois ans ne t’auront toujours pas suffit ?

Tu dois te sentir bien con aujourd’hui. Bonne fête de l’absence, fantôme.

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